Le Guide du travailleur autonome 3.0

QUESTIONS DES LECTEURS

Comme vous êtes nombreux à m’écrire et à me poser des questions, j’ai introduit dans la troisième édition de mon guide six chapitres courts sous l’intitulé « Questions des lecteurs ». Chacun répond à des problématiques typiques des travailleurs autonomes, qu’ils soient chômeurs, en duo, retraités, à temps partiel, étudiants ou avec enfants. En voici deux qui touchent un grand nombre de gens.

Vous voulez me soumettre votre propre question? Écrivez-moi!

LA SAISON DES DÉDUCTIONS

La neige fond. Les oiseaux chantent. Les journées rallongent. Les cabanes à sucre commencent à bouillir. Pas de doute : c’est la saison des impôts!

Rien ne fait plus saliver en la matière que la question des déductions auxquelles les travailleurs autonomes ont droit. Tous vos amis salariés vous envient ce « privilège » — qui a ses limites!

MAIS QU’EST-CE QUI EST DÉDUCTIBLE AU JUSTE?

Il n’y a pas de liste nette préétablie. Le principe général du fisc est le suivant : vous avez le droit de déduire, en partie ou en totalité, tous les frais qui vous procurent une « espérance de profit ».

C’est quoi, une « espérance de profit »? C’est une notion fort vague. Les frais déduits doivent vous avoir permis de générer d’autres revenus ou d’économiser. Pour vous aider à reconnaître ces postes de dépense, vous pouvez notamment consulter le Planiguide en ligne de la firme d’experts-comptables Raymond Chabot Grant Thornton, dont une section traite précisément des dépenses générales d’entreprises et des déductions s’y appliquant.

LA LIGNE EST MINCE

Mais la ligne est parfois mince entre soi-même et ses affaires. Cette robe très chère, achetée pour votre apparition aux Oscars, est certainement déductible comme dépense publicitaire, même si vous la portez au mariage de votre frère. Par contre, n’essayez pas de déduire toute votre garde-robe : ça ne passera pas.

Le principe est simple : si c’est justifiable comme dépense d’affaires, c’est probablement déductible. Mais plus la dépense répond à des besoins personnels, moins cela a de chance de l’être. Déduire l’épicerie? Oubliez ça... sauf si vous êtes restaurateur!

TOUT EST RELATIF

Un arpenteur aurait sans doute à travailler très fort pour justifier de passer sa télé au chapitre des déductions. Par contre, un acteur ou un scénariste n’aurait aucun mal à le faire, et il pourrait même justifier son abonnement au câble, son écran de cinéma maison, ses locations de DVD. Tout est relatif. Un arpenteur-chroniqueur radio serait ainsi en droit de déduire ses piquets et sa radio!

LE DROIT D’ESSAYER

Au chapitre des déductions, vous jouissez d’une grande liberté. Vous n’avez aucune autorisation à demander au fisc pour retrancher une dépense. À la remise de votre déclaration de revenus, vous n’êtes pas tenu de fournir la preuve : ni reçu, ni déclaration, ni plan du logis.

Vous avez le droit d’« essayer », mais le fisc aura le droit de refuser. S’il vous inspecte et que vous avez poussé le bouchon un peu loin, vous risquez des pénalités salées!

Dans le doute, consultez la page du site de Revenu Québec consacrée aux travailleurs autonomes : vous y trouverez une foule de renseignements utiles.

Pour en savoir plus sur la question des déductions fiscales, consultez le chapitre 18 du Guide du travailleur autonome : De savantes déductions – La vérité sur ce qu’on vous permet de déduire de vos impôts.

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LE CRÉDIT D’IMPÔT DES CRÉATIFS

Si vous tirez une partie de vos revenus du droit d’auteur, sachez que le gouvernement du Québec vous offre un crédit d’impôt très généreux.

C’est assez peu connu : la première fois que j’en ai parlé à mon comptable, il est tombé en bas de sa chaise.

SUPER AVANTAGEUX

Ce crédit, la Déduction à l’égard des revenus provenant de droits d’auteur, correspond à 100% du montant perçu pour les premiers 15 000$ de revenus de droit d’auteur.

Autrement dit, si vous touchez 15 000$ de redevances sur un revenu net de 32 000$, votre revenu imposable baisse à 17 000$ une fois ce crédit appliqué. Autant dire que vous ne paierez pas d’impôt. Ça bat les REER n’importe quand!

Mieux encore : vous avez droit à ces 15 000$ de crédit d’impôt tant que le montant des redevances perçues ne dépasse pas 30 000$.

Au-delà de ce montant, le plafond du crédit régresse. Si vous touchez 45 000 $ de redevances, le crédit fond à 7 500 $. Si vous percevez 60 000 $ et plus de redevances, le crédit tombe à zéro.

FACILE À DÉTERMINER

Pour bien des travailleurs autonomes, surtout ceux œuvrant dans le domaine de la création, la différence entre les honoraires et les redevances de droit d’auteur peut sembler floue.

Il est facile de trancher: si vous recevez de vos clients des feuillets T5, le montant qui apparaît dans la case « Redevances » est recevable pour le crédit d’impôt dont je viens de vous parler.

Par ailleurs, le gouvernement du Québec offre tout un train de mesures pour les créateurs, comme la déduction des cotisations aux organismes reconnus ou des exemptions pour les récompenses reçues, que vous avez tout avantage à découvrir.

SOURCES ÉTRANGÈRES

Fait notable : même les revenus de droit d’auteur provenant de l’étranger peuvent être inclus dans le calcul du revenu de droits d’auteur.

Dans ce cas, pas de feuillet T5, mais des feuillets 5003-FR pour la France et 1042-S pour les États-Unis.

Ces formulaires vous permettent également de soustraire vos redevances étrangères à l’impôt automatique de 33%.

Bref, en remplissant les bons formulaires, vous touchez 100% de vos redevances étrangères et vous réclamez le crédit au Québec.

Profitez-en pendant que ça dure!

Pour en savoir plus sur la question du droit d’auteur, consultez le chapitre 4 du Guide du travailleur autonome : Protéger son idée – Comment devenir propriétaire de votre idée et la faire travailler pour vous.
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LE TRAVAILLEUR AUTONOME… AVEC PAS DE JOB

Qu’est­-ce que je fais si je suis au chômage ?

C’est arrivé à mon ami Patrick, fonctionnaire fédéral depuis 30 ans. À 53 ans, il a vu son poste aboli, comme des milliers d’autres, et il a été mis à pied sans préavis alors que sa femme est à la maison, ne pouvant travailler à cause de son état de santé. Lui qui se croyait protégé par une convention collective en béton qui lui donnait la sécurité d’emploi à vie. Cela fait 18 mois que Patrick a perdu son emploi et il ne trouve pas. Alors il prend des contrats à droite et à gauche, en attendant.

La personne qui devient travailleur autonome malgré elle, parce qu’elle est au chômage, vit intensément tous les problèmes existentiels qui sont le sujet des premiers chapitres de ce livre.

Si vous êtes dans cette situation, vous avez un as dans votre jeu : vous pouvez y consacrer tout votre temps – ou à tout le moins, des semaines complètes. Certains problèmes ne se résolvent toutefois qu’au fil du temps. Il faut donc pouvoir durer.

C’est là le hic : presque tous les conseillers en démarrage d’entreprise recommandent aux travailleurs autonomes qui se lancent en affaires de ne pas quitter leur emploi, s’ils en ont un, pour pouvoir soutenir leurs efforts au début. Alors si vous êtes au chômage et que vous avez réellement l’intention de vous lancer en affaires, vous devriez quand même tenter de vous trouver un boulot, même à temps partiel.

Parce que se lancer en affaires est une entreprise longue et difficile que l’on peut effectivement tenter si on a le dos au mur, mais qu’il est plus facile de réussir avec une source de revenus parallèle.

Certaines circonstances particulières peuvent vous faciliter la vie et rendre cette nécessité d’un emploi moins impérieuse. Par exemple, si vous avez des réserves ou un conjoint qui vous soutient financièrement. Ou si vous vous lancez dans un domaine qui vous est très familier et où vous jouissez déjà d’une belle réputation. D’autres effectuent un retour au travail après de longs mois, voire de longues années à s’occuper de leur famille ou d’un proche. En général, ils ont eu le temps d’y penser et de trouver les ressources pour les aider. Dans ces cas particuliers, vous avez une marge de manœuvre.

Les travailleurs autonomes « involontaires » ont une grosse pente à remonter, d’abord parce que les circonstances, la vie, les pousse dans une direction qu’ils n’ont pas choisi d’emprunter.

Les principaux défis du travailleur autonome au chômage sont de nature conceptuelle. Ils sont confrontés à ce que Freud appelait un sentiment océanique, c’est­à­dire un changement profond de leur être, car tous leurs anciens repères ont disparu : non seulement la routine quotidienne et le contact avec les collègues, mais l’existence même d’une structure qui les organise et d’un patron auquel se rapporter. Se libérer du paradigme « patron­emploi­salaire » n’est facile pour personne, même quand c’est la conséquence d’un choix.

Heureusement, divers ministères ou associations de travailleurs autonomes, dont je parle en fin de livre, proposent des programmes pour vous aider. Il se peut même que le service de ressources humaines qui vous a mis à pied offre certains services aux ex­employés.

Outre la question des ressources, l’autre grande question est celle de vos visées. C’est exactement le problème de mon ami Patrick : il est maintenant consultant en immigration, mais il offre un service indifférencié, qu’il n’est pas particulièrement intéressé à différencier parce que ce qu’il souhaite vraiment, c’est de trouver un emploi… qu’il ne trouve pas. Sa priorité est­elle de trouver un emploi ou de se lancer à son compte ? En fait, les difficultés de Patrick viennent du fait qu’il veut le meilleur des deux mondes et reste assis entre deux chaises. On ne peut pas être travailleur autonome à moitié à moins d’avoir une réputation blindée et une clientèle fidèle.

Si Patrick décide de devenir un consultant en immigration, il y a une série de gestes à faire pour y arriver en tant que travailleur autonome. Et il se peut que, pour financer sa transformation, il doive aussi prendre un boulot insignifiant, mais justement : le fait d’avoir un but et un plan précis lui rendra plus tolérable la nécessité d’avoir une jobine.

À l’inverse, si Patrick penche vers un retour au statut d’employé, il faudra qu’il investisse dans lui­même en vue du poste désiré, en suivant des cours par exemple, ou en allant voir ailleurs. Gatineau n’est pas une petite ville, mais au jeu de l’emploi, il faut parfois accepter la mobilité si on ne veut pas sacrifier son niveau de vie. Cela veut dire aussi que si Patrick exécute, dans l’inter valle, des « petits contrats » pour joindre les deux bouts, il ne devrait pas trop s’investir comme travailleur autonome, précisément parce qu’il vise autre chose.

Quoi qu’il en soit, il n’ira nulle part s’il persiste à rester assis entre deux chaises.

J’ai un ami, Robert, qui est non seulement un brillant ébéniste, mais aussi un technicien en fabrication mécanique ET un ingénieur. Surqualifié et très intelligent, Robert n’aimait pas travailler à son compte. Un grand nerveux, Robert. Pendant cinq ou six ans, il a visé un boulot très précis, responsable des ateliers dans une école d’art. Il a fait ses boulots et ses petits contrats, il a même pris des jobines très en dessous de ses capacités, mais il a fini par décrocher le poste. Mais Robert a tout mis pour l’obtenir.

Donc, un travailleur autonome chômeur doit décider s’il s’assume ou non. L’autre décision urgente et difficile est : qu’est­ce que je fais ?

Cela nous ramène aux premiers chapitres du livre. Les tests que vous faites au centre d’emploi ou auprès de consultants en ressources humaines ont un but très similaire à celui que ferait n’importe quel travailleur volontaire en préambule de son plan d’affaires. Cela commence par une analyse froide de votre situation matérielle, professionnelle, personnelle, et cela pose nécessairement la question de vos compétences et de vos goûts, qui se manifestent bien souvent dans vos passe­temps. C’est parfois très douloureux.

J’ai un autre ami, Jean­Pierre, qui s’est mis au chômage de façon volontaire. Il vient de renoncer à son très bel emploi pour une chaine télé pour se lancer comme courtier hypothécaire. Cela faisait deux ans qu’il était « déconcrissé » de son emploi d’affectateur au service des nouvelles. Il a examiné plusieurs hypothèses. Ses goûts personnels l’ont amené à considérer le travail d’agent hypothécaire. Son indemnité de départ a financé sa formation. Il en aura pour une bonne année à prendre son envol, mais sa position de départ est avantageuse : sa conjointe a un excellent revenu et il s’associe avec sa sœur, qui est une agente hypothécaire établie. Jean­Pierre a des doutes, cela paraît quand il parle de son plan. De toute manière, comme travailleur autonome, il doutera toujours un peu toute sa vie. Mais même en cas d’échec, moi je n’ai aucun doute sur sa capacité de rebondir.

Certes, il devra apprendre le fondement du plan d’affaires, à générer des idées fortes et monnayables, à calculer son taux horaire, à analyser froidement sa situation financière, à organiser son bureau, à se vendre, mais c’est le défi qui attend tous les travailleurs autonomes.

Un autre problème qui en touche plusieurs tient aux compétences de base. J’ai été surpris d’apprendre que 49 % des Québécois de 15 à 65 ans ne disposent pas d’une capacité de lecture fonctionnelle. Sans être complètement analphabètes, ils ont du mal à lire parce qu’ils n’ont tout simplement pas assez lu en dehors des limites étroites de leur boulot. La plupart découvrent leur problème au pire moment, soit quand ils perdent leur emploi : ils ont du mal à organiser leur CV et à écrire une lettre de présentation, ils ont du mal à passer les examens de qualifications, ils ratent des questions qui auraient dû être évidentes. Évidemment, si vous avez acheté ce livre, il y a de bonnes chances que ce ne soit pas votre problème ! Mais de grâce, si vous soupçonnez ce problème chez une personne de votre entourage, dirigez­la vers un centre d’alphabétisation.

Concrètement, un de vos premiers gestes comme travailleur autonome devrait être de vous créer votre propre espace de travail, bureau ou atelier, comme je l’expliquais au chapitre 1. C’est important au plan pratique et au plan symbolique. Ce serait une grave erreur de remettre ça au premier contrat. Ce n’est pas parce que vous êtes maintenant à la maison que vous devriez tolérer que le petit renverse son lait sur votre ordinateur ou se mouche dans votre contrat. Ou que vous deviez vous occuper des enfants, faire l’épicerie et le ménage pendant les heures de bureau parce que vous êtes à la maison. Il est absolument essentiel que vous créiez un espace qui sera le vôtre et qui deviendra une terre étrangère pour votre entourage. Ce sera votre base d’opérations : quand vous êtes là, vous n’êtes plus chez vous.

Un dernier conseil : votre insécurité pourrait faire que vous acceptiez n’importe quoi de vos clients, à plus forte raison si votre client est votre ancien employeur. La situation à éviter est de devenir un travailleur autonome déguisé. Bien des employeurs engagent des « faux travailleurs autonomes », qu’ils obligent même à se pointer au travail tous les matins. C’est le pire des deux mondes puisque l’employeur se soustrait ainsi, illégalement, à ses obligations d’employeur pour faire des économies sur votre dos. Vous devriez le dénoncer au fisc ou au ministère de l’Emploi. Au chapitre 6 du livre, je parle des critères du fisc pour définir un véritable travailleur autonome. Si vous examinez votre situation et constatez que vous êtes effectivement un « employé déguisé en travailleur autonome », vous devriez prendre les moyens pour corriger cette situation.

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LE TRAVAILLEUR AUTONOME… ÉTUDIANT

Peut­-on se lancer à son compte quand on est étudiant ?

Mes débuts de travailleur autonome, je les ai faits comme étudiant, alors voici un sujet dont je peux parler d’expérience. J’ai même commencé tôt. À 15 ans, mon ami Mario et moi avions improvisé un service d’émondage d’arbres dans le voisinage à Sherbrooke. L’idée nous en était venue par hasard pendant que nous étions en train de tailler les haies chez nos parents. Un voisin qui nous observait nous a offert 20 $ chacun pour le faire chez lui. Nos parents nous ont prêté le matériel et hop ! l’affaire était dans le sac. Et puis un autre voisin est venu nous voir, et ainsi de suite. Et les choses se sont vite améliorées quand nous avons compris que nous ne demandions pas assez cher. Finalement, en un peu moins de trois semaines, nous avons pilé chacun 500 $, ce qui était une bonne somme à 15 ans en 1979.

Je dois dire que cette première expérience m’a marqué, même si elle était foncièrement irréelle – nos parents assumaient tous les coûts de matériel et c’est mon père qui, chaque soir, transportait la remorque de branches coupées vers le dépotoir. Les circonstances ont fait que je n’ai pas repris ce travail l’été suivant, mais Mario a continué de son côté.

Quelques années plus tard, quand j’étudiais en science politique et en histoire, j’ai choisi de pratiquer le journalisme à la pige au lieu d’avoir un boulot à temps partiel. J’ai fait cela pendant toutes mes années d’université. J’ai vite constaté qu’il était difficile de démarrer la pige fin avril et de tout arrêter fin août. J’ai donc maintenu une activité de pige à l’année, avec une intensité inverse à celle de mes études. Si bien que, à la fin de mes études, j’avais assimilé non seulement la base de mon métier, mais aussi la base pour réussir en affaires, tout en me bâtissant un réseau dans mon domaine de prédilection.

La vie est bien faite : la période des études tombe à ce moment de la vie où nous avons plus d’énergie, de tonus et de force qu’on n’en aura jamais dans le reste de son existence. Il y en a qui abusent, côté débauche, mais quand cette énergie est bien canalisée, les résultats sont proprement extraordinaires.

Bref, il est tout à fait possible d’être travailleur autonome tout en étant étudiant si l’on sait gérer son temps et jongler avec les échéances et les obligations. Côté plus : peu de responsabilités personnelles et beaucoup d’énergie. Côté moins : des horaires institutionnels auxquels il faut se conformer et le risque de nuire à ses études.

Certaines activités saisonnières, comme peintre étudiant, planteur d’arbre ou serveur, sont idéales parce qu’elles vous font prendre l’air ou voir du monde tout en étant très payantes sans produire trop d’interférences pendant l’année scolaire. Mais il est tout à fait raisonnable d’envisager d’autres activités qui seraient en parfaite harmonie avec votre domaine d’études à tel point que cela s’apparente à du laboratoire. Un étudiant en éducation physique qui agit comme entraîneur privé, par exemple, ou un étudiant en administration qui se lance une entreprise.

C’est d’ailleurs l’expérience de mon ami François Cartier. Avec son copain Marcel Sanscartier (sans blague !), il a lancé une publication dans le domaine de la formation de la main­d’œuvre pendant ses études. Il est effectivement devenu éditeur avant même d’avoir terminé ses études et son sentier était tracé quand il a eu son diplôme : éventuellement, leur publication est devenue Les éditions Ma Carrière, devenue plus tard Jobboom peu avant son rachat par Quebecor.

Attention néanmoins au chapitre de l’assurance et de la protection. Si votre activité de pige étudiante est de travailler comme manœuvre en construction, n’oubliez pas que les accidents sont nombreux et les blessures, souvent graves. Ce n’est pas le moment de prendre une hypothèque sur son avenir ! Soyez prudent et si votre activité vous amène à prendre toujours les mêmes risques de façon systématique, souscrivez à la CSST : ça ne coûte pas cher et cela vous compense pour 90 % de vos revenus en cas de blessure.

L’essentiel, toutefois, serait de choisir une activité simple qui ne vous prend pas trop la tête, car elle ne doit pas nuire à ce qui devrait demeurer votre activité principale : vos études.

Même si le diplôme n’est pas obligatoire dans votre sphère d’activité (ce qui exclut notamment les gens qui se destinent à l’infirmerie, la médecine ou l’architecture), de bonnes études seront une bonne police d’assurance et votre meilleur investissement. Les diplômés universitaires chôment moins et vivent plus vieux. L’économiste Pierre Fortin a démontré que le diplômé universitaire est même le meilleur placement financier qu’on peut faire dans la vie. Le calcul est facile à faire : à sa retraite, un diplômé aura touché un million de dollars de plus en salaire que la personne qui aurait uniquement un diplôme secondaire – un rendement de 19 % sur l’investissement. Bien sûr, nous connaissons tous des exceptions – le drop­out de troisième secondaire devenu multimillionnaire ou l’analphabète superstar genre Jacques Demers –, mais ces cas sont rares : la statistique ne ment pas.

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